Jeu de Paume
DATES DE LA REVOLUTION FRANCAISE Drapeaux

Introduction
Mécontentement général
Etats Généraux à Versailles
Etats Généraux
Bastille

Fête de la Fédération

Chutes des Tuileries
Procès et mort de Louis XVI
Terreur
Guerre de Vendée
Sans-Culottes
Déclarations des Droits de l'Homme


LES SANS-CULOTTES

Le sans-culotte est d'abord reconnaissable à sa tenue : il porte un pantalon long, généralement en bure rayée, ce qui le différencie de l'aristocrate exécré arborant culotte courte et bas de soie. Il est chaussé de sabots, parfois remplis de paille. Coiffé du bonnet phrygien rouge (rappelant l'affranchissement des esclaves) avec cocarde tricolore, il tient en main, dans les occasions importantes, la fameuse pique, emblème du militant.

Après 1792, on le voit, à l'imitation des volontaires marseillais, endosser la carmagnole, veste courte à gros boutons. Les carmagnoles loqueteuses deviendront une marque de patriotisme révolutionnaire. Les sans-culottes répandent les usages démocratiques : ils se tutoient et s'appellent "citoyens". Renonçant aux vieux patronymes de leur baptême, ils ont adopté des noms glorieux de l'Antiquité : Brutus, Gracchus ou Mucius Scaevola. Ils gardent un culte pour Marat, assassiné par la " garce du Calvados". Le Père Duchesne , connu pour la verdeur de son style et la violence de ses propos, est leur feuille de prédilection.
Pour eux, la délation est un devoir, la Terreur un moyen légitime de défense, et ils vénèrent la sainte guillotine.

Dès le début de la Révolution, ces bons patriotes ont joué un rôle décisif en assurant la victoire du peuple sur la tyrannie : ce sont eux qui ont permis la prise de la Bastille, la chute des Tuileries, l'élimination des Girondins. A partir de 1792, ils s'imposent dans les sections de Paris, les tièdes s'éliminant d'eux-mêmes. Dans les assemblées, comités de surveillance ou sociétés populaires, ils sont au premier rang pour punir les aristocrates et les traîtres. La sans-culotterie parisienne est composée d'éléments hétérogènes - petits commerçants, employés, ouvriers, artisans - mais un même idéal démocratique anime les militants. Ils poussent la passion politique jusqu'au fanatisme et voudraient imposer leurs vues à la Convention, à laquelle ils envoient pétition sur pétition.

Ils affirment d'abord le caractère inaliénable de la souveraineté populaire. Férus d'égalité, ils s'insurgent contre les riches, inutiles et fainéants : leur voeu n'est d'ailleurs pas la suppression, mais la limitation de la propriété. Au printemps de 1793, alors que sévit la disette, ils proposent des mesures radicales : taxation des prix, réglementation du commerce, lutte contre les accapareurs. Ils réclament en même temps le droit à la subsistance, à l'instruction. Devant ces exigences, la Montagne est divisée et montre des réticences : le gouvernement révolutionnaire aura d'ailleurs d'autres tâches que de satisfaire toutes ces aspirations. Après Thermidor, le rôle politique des sans-culottes semble terminé.

Va-t-on exécuter le roi à une voix de majorité ?
Un nouveau scrutin s'ouvre sur la question du sursis, rejeté par 383 voix contre 310.

Le 20 janvier, le condamné est averti de la sentence. Il formule 3 demandes : un délai pour se préparer à la mort, la permission d'être assisté par un prêtre réfractaire et de s'entretenir librement avec sa famille. Seule la première requête est repoussée. Le soir, le roi reçoit longuement l'abbé Edgeworth de Firmon. Il fait ensuite des adieux déchirants aux siens, puis va dormir.

Le lendemain, après avoir entendu la messe, il descend d'un pas ferme l'escalier du Temple. Tout le long du parcours, il récite les prières des agonisants et se laisse lier les mains sans mot dire au pied de l'échafaud. Quelques secondes plus tard, le bourreau montre au peuple la tête ensanglantée, symbole de la révolution victorieuse.