Jeu de Paume
DATES DE LA REVOLUTION FRANCAISE Drapeaux

Introduction
Mécontentement général
Etats Généraux à Versailles
Etats Généraux
Bastille

Fête de la Fédération

Chutes des Tuileries
Procès et mort de Louis XVI
Terreur
Guerre de Vendée
Sans-Culottes
Déclarations des Droits de l'Homme


1/ Mécontentement général 2/ Les différents intervenants

 
Les différents intervenants


La noblesse
Les privilèges de la noblesse sont essentiellement fiscaux. Ils se réservent cependant, à cette époque, toutes les hautes fonctions dans le clergé, la politique, la marine et l'armée. Ne pouvant exercer des métiers industriels ou commerciaux, elle a obtenu le droit de déroger dans certaines activités comme le commerce en mer ou les grandes entreprises industrielles. Aussi, quand la grande noblesse défendra ses privilèges, elle ne songera pas seulement à ces exemptions fiscales mais elle défendra sa position dominante dans la société.


La famille du Duc de Penthièvre.

Une des plus riches familles de France. Les grandes familles aristocratiques proches de la cour aimaient à se faire portraiturer par les peintres de la cour.

Il en est de même pour la noblesse de robe qui, si elle est ouverte et favorable aux idées du siècle, est furieusement attachée à la défense de ses prérogatives. La petite noblesse rurale, constituée par les gentilshommes de province, s'indigne de sa pauvreté dans cet enrichissement universel. Elle cherche par tous les moyens à renforcer ses privilèges et à réviser ses droits.

La Noblesse, que le roi de France va épauler tout au long de cette période n'apportera à Louis XVI ni une armée ni un état major. Elle sera incapable de se défendre en masse et incapable de composer avec les autres ordres lorsque ce sera nécessaire.

Richelieu puis Louis XIV s'étaient attachés à casser la haute noblesse, à la courber devant la volonté royale. De plus en déracinant les grands seigneurs de leurs provinces et en les maintenant à Versailles Louis XIV les avait éloignés de leur clientèle qui ne sera plus là le moment venu. La "domestication" des grands seigneurs jusqu'alors toujours suspects d'indépendance fut totale.

Ces hommes sont également en partie acquis à la philosophie des lumières et voient en la Révolution une fronde contre le despotisme du Roi et le fanatisme des prêtres. L'autre partie de cette noblesse est opposée à toute évolution des choses. Divisée en deux groupes l'un qui va trop céder et l'autre qui ne cédera rien, démunie de toute clientèle par la politique des rois et avilie par la courtisanerie, la noblesse française divisée émigrera ou sera laminée par la révolution.


Le clergé

Le Clergé est en piteux état, il y a bien sur en 1789 des responsables très honorables, il y a également des prélats scandaleux (Rohan, Talleyrand...) mais la masse est médiocre.

Louis XVI dira un jour excédé "Il serait convenable que l'archevêque de Paris crût en Dieu" et une autre fois lors d'une nomination de deux évêques l'un à Clermont et l'autre à St Flour "Je viens d'envoyer le Saint Esprit en Auvergne, le Saint à Clermont et l'Esprit à St Flour".

Le bas clergé regarde avec mépris et jalousie ces chefs peu respectables. Il est pour l'évolution des choses et cette disposition permettra au Tiers Etat de triompher en disloquant l'opposition des deux ordres privilégiés. En effet, les curés dans l'ensemble sont disposés à se jeter dans un mouvement pour lequel leurs origines et leurs ressentiments vis à vis du haut clergé les ont préparés.

L'abbé et la jeune aristocrate.

Sous le regard de sa mère la jeune aristocrate séduit l'élégant abbé ravit de faire l'éducation de cette superbe créature.


La bourgeoisie
Les bourgeois font vivre le peuple des villes.
Il y a d'abord les petits bourgeois, ces marchands que l'on voit tous les jours sur les marchés et qui envoient leurs enfants étudier pour en faire des médecins, des avocats, des professeurs. La plupart des députés aux assemblées révolutionnaires seront issus de cette petite bourgeoisie qui savait lire, écrire et parler.
Au-dessus, on trouve une bourgeoisie de commerce, des négociants qui se sont lancés dans le commerce international. Ces gens sont ouverts aux idées nouvelles, ils trouvent que le royaume stagne, ils s'énervent des tracasseries de l'administration et cependant ils achètent des charges pour leurs fils et en faire des commis d'état avec le secret espoir d'un anoblissement. Plus riche encore était la bourgeoisie d'affaire, les banquiers, les industriels et tous ceux vivant des revenus que leur assurait la levée des impôts.

Enfin toute une bourgeoisie n'ayant plus besoin d'entreprendre pour s'enrichir et vivant du cours de la rente.
Salle de manufacture appartenant
à de riches bourgeois.

Tous ces bourgeois enragent de ne pas disposer d'un prestige social en rapport avec leur importance réelle dans la vie économique du pays. Napoléon dira un jour "Qu'est ce qui a fait la Révolution ? La Vanité. La Liberté n'a été que le prétexte". La Révolution semble avoir été beaucoup moins faite contre le despotisme du Roi que contre l'inégalité. De ce fait le mouvement semble plus social que politique. Comme le dit L. Madelin, "les bourgeois libéraux sont rares, les bourgeois exaspérés et envieux des privilèges sont légions, les bourgeois ambitieux sont à leurs têtes". Ces bourgeois sont des gens intelligents qui ont vécu très près, trop près de la noblesse. Ils ont essuyé son mépris et sa condescendance et en sont aigris. Ce seront les vainqueurs de demain et pour ce faire, ils vont courtiser les classes laborieuses des campagnes et des villes. Avec l'appui des paysans, ils triompheront aux urnes et avec l'appui des ouvriers, ils forceront les décisions des assemblées et défonceront les Bastilles du roi.


Les paysans
Les grandes famines ont disparues, mais l'on connaît encore des périodes de disette en raison du retard technique de l'agriculture : archaïsme des cultures, retard de l'élevage, étendue des jachères. L'agriculture française était à la fois prospère dans sa production mais sous-équipée et mal adaptée aux techniques et au marché international.

Scène de moisson dans les campagnes.


Les paysans feraient bon marché de la liberté et n'ont que faire d'une constitution. Ils veulent deux choses: d'une part, se libérer des droits féodaux et d’impôts trop lourds, et d'autre part pouvoir accéder à la propriété. La fidélité à leur seigneur n'existe plus car le seigneur n'est plus sur ces terres. Retenu à la cour, la gestion de ses terres est confiée à un intendant que les paysans ne reconnaissent pas. Si la fidélité à la religion existe toujours et ils le montreront tout au long de cette période, la dîme leur est par contre insupportable.

Lorsque la Révolution basculera dans la Terreur, emportée par les sans-culottes, que leurs curés seront proscrits, ils ne souhaiteront plus que l'instauration d'un régime fort qui leur conserve la terre nouvellement acquise.

Le peuple
Le peuple des villes, en majorité formé d'artisans, mêle cependant plusieurs classes dans l’enchevêtrement des ruelles : Les boutiquiers, les employés de magasin, les blanchisseuses, les palefreniers, des chômeurs et des mendiants. En cet hiver 1788-89, le petit peuple a très faim et très froid. Les récoltes avaient été partout mauvaises, les prix s'étaient élevés très vite et les salaires baissaient. Un peu partout en France, des troubles populaires voyaient le jour remplaçant les manifestations verbales des notables. Seule "bonne nouvelle" en ce début d'année, Louis XVI a décidé, sur proposition de son ministre Necker, d'accorder au Tiers Etat une représentation double de celle des deux autres ordres aux états généraux qui vont se réunir en mai 1789. Tout le monde se réjouit de cette décision et attend qu'une telle assemblée "donne une constitution au royaume". Plus tard entraîné par des Marat, Desmoulins ou Danton ils forceront la main au destin et présideront par leurs actions aux grands tournants de la Révolution.

Une ravissante boutiquière fleuriste.
Les gueux et les mendiants.

A paris sur une population de 660.000 habitants on compte plus de 60.000 mendiants.

Comment sortir de la crise ?
La crise économique ne faisait qu'accentuer l'inégalité entre les privilégiés et les non-privilégiés. Les nobles et les riches bourgeois pouvaient se permettre de spéculer sur la hausse des prix et de s'enrichir encore de cette pénurie tandis que les pauvres n'étaient que des victimes mourant de faim.

Au vue de la situation exposée, la France ne peut échapper à une Révolution. Sera t'elle courte ou longue ? Violente ou pacifique ? Les réformes seront-elles profondes ? La réponse est dans les hommes qui composent son gouvernement. C'est à dire le roi, la reine, les princes de sang et les ministres.

Les non-privilégiés n'auront pas donné le départ de cette révolution. La monarchie souhaitait faire payer d'abord aux privilégiés le prix de sa réforme (Projet de Turgot, Necker, Calonne puis Brienne). Ce sont eux, en s'opposant obstinément à ces réformes et particulièrement depuis 1787, qui déclencheront le départ de celle-ci. Pourront-ils la contrôler ?

La Noblesse et le Haut Clergé comptent sur le roi pour les défendre. Le roi le peut-il ? Sous Louis XVI, la monarchie dite absolue est indécise, elle recule, elle avance sans véritable axe directeur, sans doctrine. Le roi s'appuie sur la Noblesse dévitalisée mais gouverne avec des bourgeois que la cour dédaigne.

Louis XVI en costume de sacre.


Les Etats Généraux ont été convoqués mais personne ne sait ce qu'on leur permettra de faire, ce qu'on leur interdira, ce qu'on cédera et ce qu'on ne lâchera pas. Le cas du vote par tête ou par ordre en est un exemple marquant. Le Tiers s'est vu accorder une double représentation mais en cas de vote par ordre, elle ne sert à rien, alors il faudrait voter par tête ? Or Necker a promis aux deux autres ordres que le vote se ferait par ordre. Louis XVI ne sait pas que décider, ses ministres non plus...

Dans ses mains, la force armée lui manque. Les officiers sont médiocres, ayant acquis leur charge par leur naissance, les sous-officiers les haïssent, certains partent, d'autres restent et attendent leur heure qui viendra avec la révolution puis l'Empire.

Louis XVI n'est pas un Bourbon ! Pieux jusqu'à la dévotion et chaste jusqu'à négliger sa femme il n'est attiré ni par le travail, ni par l'amour, ni par la politique ou la guerre, deux seules passions la chasse et la serrurerie. Facile à influencer, il ne savait pas vouloir et ne se décidait que très rarement. En fait son métier l'ennuyait, il dira à Malesherbes venu lui apporter sa démission en 1776 "Que vous êtes heureux ! Que ne puis-je aussi quitter ma place !".

La reine disait de lui "Le pauvre homme", en 1789 tout le monde disait "Il est bon". Napoléon écrira lui-même à son frère Joseph "Quand on dit d'un roi que c'est un bon homme, le règne est manqué". En 1789 le règne est manqué, il se sait que faire et fait demander à Rivarol par Malesherbes "Que faire ?", "Faire le roi !" répondit Rivarol. Louis XVI ne pouvait le faire parce qu'il n'était pas né roi.

La reine Marie Antoinette n'exercera qu'une influence intermittente sur Louis XVI sans suite et sans continuité. Par contre depuis l'affaire du collier de la reine ou sa réputation, déjà mise à mal par beaucoup de rumeurs, s'est trouvée de nouveau salie, elle est très impopulaire.

Les frères du roi, le Comte de Provence et le Comte d'Artois ne lui sont d'aucun secours. Le comte de Provence (futur Louis XVIII) n'était qu'un bel esprit attiré par la philosophie tant que celle-ci ne lui ôtait aucune pension et ne touchait pas à ces privilèges. Le comte d'Artois (futur Charles X) ne parlait que de tirer" l’épée de ses pères" qu'il ne tirera d'ailleurs jamais. Par la suite ils émigreront rapidement à l'étranger et n'auront qu'une idée en tête celle de restaurer la monarchie absolue.

Necker, comme le roi, est irrésolu. C'était un bon financier mais il ne savait pas gouverner. Démagogue et soucieux d'éviter les troubles en ménageant l'un et l'autre, ce ne pouvait être qu'un administrateur fait pour des périodes calmes et pas pour un gouvernement de crise et encore moins pour une révolution.


1/ Mécontentement général 2/ Les différents intervenants