LA
FÊTE DE LA FÉDÉRATION
14 Juillet 1790
la
grande fête patriotique prévue par l'Assemblée
constituante se déroula au Champ-de-Mars le jour anniversaire
de la prise de la Bastille. Pourquoi ce terme de " Fédération " ?
Dès la fin de 1789, les idées nouvelles s'étaient
propagées à travers la pays, les patriotes avaient
décidé de s'unir de village à village , de ville à ville,
de province à province : ces groupements prirent le nom de
fédérations. Le mouvement avait commencé en
octobre dans des communes bretonnes. Le mois suivant, quelques villes
du Dauphiné se fédérèrent, puis ce fut
au tour des provinces : en février, des délégués
bretons et angevins se déclarèrent " citoyens
du même empire ". Le 5 juin 1790, Bailly proposa à l'Assemblée
d'organiser à Paris une fédération de la nation
tout entière. Les délégués des gardes
nationales de toutes les provinces arrivèrent au début
de juillet, multipliant les témoignages de loyalisme envers
le roi. Bientôt, ils furent 14 000 dans la capitale, accueillis à bras
ouverts par La Fayette, chef de la garde nationale parisienne.
Le 14 juillet au matin, un important cortège, parti du quartier du Temple,
avança vers la place-Louis XV et traversa la Seine sur un pont de bateaux.
En tête venaient les délégations groupées des départements,
puis les représentants des corps constitués. Au Champ-de-Mars,
les Parisiens avaient organisés eux-mêmes le cadre de la fête.
Devant des gradins de gazon, une foule compacte attendait. Le roi était
assis dans une tribune sur un trône de velours bleu avec, à ses
côtés, la reine, coiffée de plumes tricolores, tandis que
La Fayette caracolait sur un cheval blanc.
Revêtu de ses habits sacerdotaux,
Mgr d'Autun ( Talleyrand) célébra la messe entouré de
300 prêtres portant des écharpes tricolores sur leurs
aubes blanches. Le service terminé, on bénit les oriflammes
et les bannières des départements. Puis La Fayette s'avança,
posa son épée sur l'autel et prononça un serment
de fidélité à la nation, serment répété d'une
seule voix par tous les délégués. Des acclamations
retentirent. Une fois le silence revenu, le roi se leva et, debout
dans sa tribune, jura à son tour d'employer le pouvoir que lui
avait délégué l'Etat à "maintenir
la Constitution décrétée par l'Assemblée
nationale". Entendant des mots, la foule marqua son enthousiasme
en criant " Vive le roi, vive la reine, vive le Dauphin !