Dates de la Revolution Francaise
Merci au Chevalier Arnaud
Les journées de la Révolution française
- 5 mai 1789 : ouverture des états généraux
- 14 juillet 1789 : prise de la Bastille
- 4 août 1789 : abolition des droits féodaux
- 26 août 1789 : déclaration des Droits de l'Homme
- 12 juillet 1790 : Constitution civile du Clergé
- 14 juillet 1790 : fête de la Fédération
- 10 août 1792 : renversement de la royauté
- 21 janvier 1793 : exécution de Louis XVI
- 10 octobre 1793 : Saint-Just décrète la Terreur
- 16 octobre 1793 : exécution de Marie-Antoinette
- 27 juillet 1794 : chute de Robespierre
- 05 octobre 1795 : insurrection de Vendémiaire
- 26 octobre 1795 : début du Directoire
- 04 septembre 1797 : coup d'État de Fructidor
- 09 novembre 1799 : coup d'État du 18 Brumaire
Une Constitution civile pour le clergé
Le 12 juillet 1790, à Paris, l'Assemblée constituante adopte la «Constitution civile du clergé». Ce décret va causer la ruine de la Révolution inaugurée un an plus tôt.
Une réforme unilatérale
Le 2 novembre 1789, les députés français ont voté la nationalisation des biens de l'Église. Ils ont par ailleurs dissous les ordres religieux contemplatifs le 13 février 1790, tout en ménageant les religieux qui s'occupent d'enseignement ou d'oeuvres caritatives. Ces réformes ont été décidées sans en référer au pape.
Dans la foulée, les députés veulent mettre l'Église de France en harmonie avec les nouvelles institutions nationales. Pétris de bonnes intentions, ils veulent en particulier assurer aux curés et aux évêques un revenu régulier en compensation des biens dont ils ont été privés.
C'est ainsi qu'un «comité ecclésiastique» rédige la Constitution civile du Clergé et la soumet à l'Assemblée.
Le document abroge le concordat conclu en 1516 entre le roi François 1er et les représentants du pape sans en référer à ce dernier.
La carte religieuse est calquée sur la carte administrative avec un diocèse par département (83 au total) au lieu de 135 précédemment, aux contours parfois extravagants.
L'État s'engage à appointer les évêques et les curés. Il fixe des niveaux de traitements d'ailleurs tout à fait convenables. 50.000 livres pour l'évêque métropolitain de Paris, 20.000 livres pour les autres évêques, 1200 à 6000 livres pour les curés.
Plus ennuyeux, les évêques et les curés doivent être désignés par les électeurs de leur paroisse ou de leur diocèse, que ces électeurs soient catholiques, athées, protestants, voltairiens,... Le pape n'a plus d'avis à donner sur ces nominations (il est vrai que les souverains de l'Ancien Régime avaient déjà pris l'habitude de s'arroger le choix des évêques au détriment du souverain pontife).
Les curés et les évêques sont invités à prêter «en présence des officiers municipaux, du peuple et du clergé, le serment d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout son pouvoir la constitution».
C'est le triomphe du gallicanisme, un courant de pensée vivace dans la haute société française depuis... Philippe le Bel. Attention toutefois à ne pas le confondre avec le principe de séparation de l'Église et de l'État : selon les gallicans, il revient à l'État de prendre en charge l'organisation de la religion tandis que le principe de séparation implique de l'État qu'il ne s'occupe plus d'affaires religieuses.
À propos de la Constitution civile du clergé, Monseigneur Boisgelin, archevêque d'Aix, note judicieusement : «Jésus-Christ a donné mission aux apôtres et à leurs successeurs pour le salut des fidèles ; il ne l'a confiée ni aux magistrats ni au roi»
Les problèmes ne font que commencer... En attendant, les Français se préparent à communier dans la ferveur révolutionnaire.
Naissance de 83 départements
Le 15 janvier 1790, l'Assemblée constituante établit la carte des départements français et fixe leur nombre à 83.
L'assemblée, qui gouverne la France depuis les débuts de la Révolution, a pris un décret le 22 décembre précédent pour réformer l'organisation du royaume.
Confusion administrative
Celui-ci comptait sous l'Ancien Régime 34 généralités ou provinces, 40 gouvernements militaires, 135 diocèses, 13 parlements judiciaires etc.
Qui plus est, ces circonscriptions héritées de l'Histoire s'enchevêtraient et différaient par leur statut. On distinguait notamment les pays d'élection des pays d'État.
Les pays d'État correspondaient aux régions les plus récemment rattachées au royaume et avaient conservé à ce titre leurs institutions propres (parlements, assemblées,...). Ils étaient moins imposés que les pays d'élection !
Toutes les généralités de province avaient à leur tête un intendant désigné par le roi, qui tentait parfois de mettre un peu de cohérence dans les affaires locales.
Redécoupage administratif
Les députés décident de mettre fin à cette confusion administrative héritée d'un millénaire d'Histoire.
Ils projettent dans un premier temps de créer des circonscriptions géométriques, à l'image des États américains.
Le sage Mirabeau s'y oppose avec véhémence : «Je demande une division qui ne paraisse pas, en quelque sorte, une trop grande nouveauté; qui, si j'ose le dire, permette de composer avec les préjugés et même avec les erreurs, qui soit également désirée par toutes les provinces et fondée sur des rapports déjà connus.»
Ses vœux sont pleinement exaucés par le «Comité de division» chargé de redessiner la carte de France.
Les nouvelles divisions sont baptisées «départements», d'un vieux mot français qui appartient au vocabulaire administratif depuis François 1er.
Ces départements sont dirigés par un conseil de 28 membres, assisté d'un directoire de 8 membres et d'un procureur général syndic chargé de faire appliquer les lois. Conseillers et procureurs sont élus par les citoyens. Ils ne sont pas nommés par le gouvernement central comme les intendants des généralités de l'Ancien Régime.
Les limites des départements respectent dans la plupart des cas les anciennes provinces. C'est ainsi que la Bretagne et la Normandie sont divisées en cinq départements chacune.
La taille des départements est telle que chaque citoyen puisse accéder à son chef-lieu en une journée de cheval au maximum.
Sans le savoir, les députés recréent de la sorte les anciens pays... de la Gaule d'avant les Romains.
La preuve en est dans la coïncidence entre le nom de nombreux chefs-lieux de département et celui des tribus gauloises locales.
Amiens évoque les Ambiens, Beauvais les Bellovaques, Cahors les Cadurques, Nantes les Namnètes, Paris les Parisii, Poitiers les Pictones, Reims les Rèmes, Soissons les Suessiones,Tarbes les Tarbelles, Vannes les Vénètes,...
Ainsi, le département est la circonscription la mieux enracinée dans l'Histoire de France, en concurrence avec la commune, héritière des anciennes paroisses.
Au fond d'eux-mêmes, les Français restent aujourd'hui très attachés à cette circonscription héritée de la monarchie et de la Révolution.
Après deux siècles d'existence, le département demeure envers et contre tout la principale circonscription de référence, pour les administrations de proximité, les plaques minéralogiques, les statistiques etc.
<-
Haut de page
->
Fermez la fenêtre
:: Merci de votre visite. A bientôt ! ::
Copyright © 2004 -
© Les Chevaliers du Web