Jeu de Paume
DATES DE LA REVOLUTION FRANCAISE Drapeaux

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Mécontentement général
Etats Généraux à Versailles
Etats Généraux
Bastille

Fête de la Fédération

Chutes des Tuileries
Procès et mort de Louis XVI
Terreur
Guerre de Vendée
Sans-Culottes
Déclarations des Droits de l'Homme




Le 14 juillet 1789, la Bastille est prise d'assaut par des Parisiens.
La Révolution française prend dès lors un tour irréversible.

La Révolution en germe

40 jours plus tôt, les états généraux s'étaient réunis à Versailles et les députés avaient constaté que les maux du gouvernement appelaient davantage qu'une simple réforme de l'impôt.

Ils avaient décidé de remettre à plat les institutions et de définir par écrit, dans une constitution, de nouvelles règles de fonctionnement, selon l'exemple américain.

C'est ainsi que le 9 juillet, l'assemblée réunie à Versailles se proclame «Assemblée nationale constituante». L'initiative ne plaît pas au roi et surtout à son entourage.
Le roi lui-même, malgré ses concessions successives, ne renonce pas à l'éventualité d'un coup de force. Dès le 24 juin, il a fait venir en secret des régiments suisses ou allemands à proximité de Versailles. Sous la pression de la Cour, le 12 juillet, Louis XVI renvoie son contrôleur général des finances, Jacques Necker, un banquier d'origine genevoise qui n'a fait que creuser le déficit mais est resté pour cela très populaire parmi les petites gens. Il le remplace par le baron de Breteuil.

À Paris, le petit peuple des artisans et des commerçants s'irrite et s'inquiète. On dit que le roi, irrité par la désobéissance des députés, voudrait les renvoyer chez eux. Dans les jardins du Palais-Royal, la résidence du cousin du roi, le duc d'Orléans, haut lieu de la prostitution et du jeu, un orateur, Camille Desmoulins, monté sur un escabeau, harangue ainsi la foule : «Citoyens, vous savez que la nation avait demandé que Necker lui fût conservé et on l'a chassé... Après ce coup, ils vont tout oser et pour cette nuit, ils méditent peut-être une Saint-Barthélemy des patriotes !... Aux armes ! Aux armes, citoyens !»

Chute inattendue d'une forteresse

Le prince de Lambesc dirige les manœuvres d'un détachement de gardes suisses et d'un escadron de dragons du Royal Allemand qui chargent la foule sur la place Louis XV (aujourd'hui place de la Concorde). L'émeute enfle et la foule force les portes de plusieurs armuriers du faubourg. Le sire de Flesselles, prévôt des marchands, tente de calmer les esprits. Il ne tarde pas à faire les frais de sa modération.On l'accuse de cacher des armes ou d'accaparer les grains et d'affamer la capitale. Il est pendu à une lanterne et sa tête promenée dans les rues au bout d'une pique.

Le 13 juillet, la rumeur se répand que les troupes royales allaient entrer en force dans la capitale pour mettre les députés aux arrêts. De fait, des corps de troupes étaient rassemblés au Champ de Mars et aux portes de Paris.

Un comité permanent, la «municipalité insurrectionnelle», est formé par les citoyens qui ont participé à l'élection des états généraux pour faire face à la menace. Il se substitue à la vieille municipalité royale.

Au matin du 14 juillet, un attroupement d'artisans et de commerçants se rendent à l'Hôtel des Invalides, en quête d'armes.

Le gouverneur de Sombreuil cède aux émeutiers et ouvre les portes de l'Hôtel dont il avait la garde. La foule fait irruption dans l'arsenal et emporte 28.000 fusils et 20 bouches à feu...

Forts de ce premier succès, les émeutiers rugissent «A la Bastille !». La rumeur prétend que de la poudre y aurait été entreposée.

Au demeurant, le peuple a une revanche à prendre sur la vieille forteresse médiévale dont la masse lugubre semble le narguer et lui rappelle à tout moment l'arbitraire royal.

La garnison de la Bastille se compose de 82 vétérans, dits invalides, auxquels se sont adjoints le 7 juillet un détachement de 32 gardes suisses du régiment de Salis-Samade commandés par le lieutenant de Flüe.

Le marquis de Launay (ou de Launey), gouverneur de la Bastille, se persuade qu'il doit gagner du temps pour permettre à une troupe de secours de le délivrer des émeutiers.

Il déclare à ses assaillants être prêt à parlementer avec trois délégués et livre trois bas-officiers en otage. Les parlementaires sont conduits par le dénommé Thuriot. Le marquis insiste pour retenir ses hôtes à dîner (à midi selon la terminologie de l'époque) pendant que la foule gronde dehors.

C'est alors qu'un groupe de forcenés parviennent à franchir l'Avancée par le toit du corps de garde, pour se jeter sur les chaînes du pont-levis à coups de hache.

Une charge de mitraille disperse la foule. Mais une nouvelle députation se forme pour exiger la remise de la forteresse entre les mains de la milice.

La garde suisse armée de fusils de rempart appelés «amusettes du comte de Saxe» fait des ravages chez les assaillants.

Deux détachements de gardes françaises guidés par les dénommés Élie et Hulin arrivent au secours des Parisiens. Ils traînent avec eux deux canons.

Ces derniers sont pointés par les assiégeants et causent quelques pertes et aussi un début d'incendie à l'entrée de la forteresse.

M. de Monsigny, commandant des canonniers de la forteresse, est abattu, ce qui a pour résultat de faire disparaître toute velléité de résistance chez les invalides qui entreprennent dès lors d'exiger la reddition de leur gouverneur.

Il est 4 heures du soir. Launay se ressaisit, ordonne soudain le feu à outrance, puis tente de faire sauter les magasins de poudre dans un mouvement de désespoir.

Mais ses invalides lui imposent de brandir un mouchoir pour parlementer. Le feu cesse, le lieutenant de Flüe exige les honneurs de la guerre pour se rendre. On les lui refuse, mais le dénommé Élie, du régiment de la Reine, accepte par écrit les termes d'une capitulation qui assure la vie sauve aux défenseurs.

Les ponts-levis sont abaissés et les gardes emmenés prisonniers à l'Hôtel de Ville. On doit retenir d'abord le gouverneur d'attenter à sa propre vie, puis la foule se déchaîne et lynche les malheureux gardes et l'infortuné marquis lui-même en place de Grève. Les têtes sont fichées sur des piques et promenées en triomphe à travers le faubourg.

À la Bastille, on libère les détenus au prix d'une légère déception car il ne s'agit que de sept personnages de minable envergure...

Fin d'un monde

Au cours des semaines qui suivent la prise de la Bastille, le peuple se rue sur le monument déchu, les pierres sont réduites en morceaux et distribuées comme autant de trophées.

Un symbole séculaire de l'absolutisme (*) est ruiné, deux gouverneurs dépassés par leurs responsabilités ayant fait tourner d'un cran la grande meule de l'Histoire.

Le propre frère du roi, le comte d'Artois, futur Charles X, prend la mesure de l'événement. Il quitte la France sitôt qu'il en a connaissance.

Il est suivi dans cette première vague d'émigration par quelques autres hauts personnages, dont le prince de Condé et Mme de Polignac.

À Königsberg, en Prusse orientale (aujourd'hui ville de garnison russe du nom de Kaliningrad), le célèbre philosophe Emmanuel Kant, apprenant la prise de la Bastille, commet l'audace d'interrompre sa promenade quotidienne, chose extraordinaire qui, dit-on, ne lui arriva en aucune autre occasion.

À Versailles, le roi note quant à lui dans son journal à la date du 14 juillet : «Rien»... Mais il ne s'agit que du résultat de sa chasse habituelle.

Néanmoins surpris par la violence de la révolte parisienne, Louis XVI se retient de dissoudre l'Assemblée.

Les députés, dans une séance mémorable présidée par l'abbé Grégoire, prennent la résolution de siéger en permanence. La Révolution peut désormais poursuivre son cours.

À Paris, la nouvelle municipalité porte à sa tête un maire, Bailly. Les électeurs constituent d'autre part une «garde nationale». Cette milice bourgeoise est commandée par le prestigieux marquis de La Fayette.

Les autres villes du royaume imitent la capitale, créant une nouvelle municipalité et une garde nationale.

Le 16 juillet, entérinant la réussite de l'insurrection, le roi Louis XVI rappelle Jacques Necker à la tête du ministère des Finances.

Le lendemain, il se rend à Paris et il est accueilli à l'Hôtel de Ville par une foule arborant sur la tête une cocarde aux couleurs de Paris, le bleu et le rouge.

Le général de La Fayette remet au roi une cocarde semblable où il insère le blanc, en signe d'alliance entre le roi et sa ville. De là l'origine du drapeau tricolore.