La
rampe linéaire à contrepoids

La fonction de la grande galerie

La construction de la grande galerie a du demandé beaucoup de temps
et d'effort aux Egyptiens, compte-tenu de l'importance de la salle et du soin
apporté à sa réalisation, mais les Egyptologues s'interrogent
encore sur son rôle exact (esthétique, utilitaire, religieux).
Il
existe cependant une théorie pour expliquer la présence
de la grande galerie, consistant à poser que celle-ci
faisait partie d'une rampe linéaire. En effet, l'aspect
de la salle donne à penser que des traîneaux
ont été tirés dans cette galerie.
Cependant,
la pente est trop importante ( 50%) pour que des hommes
aient pu tirer les traîneaux manuellement. J'en ai
donc déduit qu'il avait existé un mécanisme
permettant de tirer les traîneaux. La première
idée qui m'est alors venu à l'esprit est
une poulie placée en haut de la galerie mais les
Egyptiens n'avaient pas la technologie nécessaire
pour réaliser une poulie solide. Il existe cependant
un autre objet qui pourrait jouer le rôle de poulie
: Il s'agit de poutres polies en pierre ou en bois fixé aux
deux parois de la galerie, et sur lequel glisseraient les
cordes.
L'arrivée
des traîneaux sur le chantier

Pour
faciliter le déplacement des traîneaux sur
le chantier (mais il existe aussi d'autres raisons...),
la partie basse de la rampe linéaire est construite
progressivement, au fur et à mesure de la montée
des assises. Seul la grande galerie et son mur de soutènement
sont construits entièrement, avant même la
pose de la première assise. (l'ensemble mesure 48
m de hauteur et 40 m de longueur environ)
Les routes de montagne intérieures
Une
fois les blocs de pierre des premières assises déposés
sur une hauteur de 20 m, deux "routes de montagne" (de
couleur rouge brique sur le dessin) permettant d'atteindre
le sommet de la grande galerie sont construites autour
de celle-ci.
Cependant,
un espace libre est laissé sous la nacelle, de façon à ce
que celle-ci puisse toujours descendre le plus bas possible.
La
fin de la construction
Pour
hisser les très lourdes poutres situées dans
les chambres de décharge, les Egyptiens ont construit
une nouvelle route de montagne à la fois très
large et en pente douce (8 à 10 %) autour des assises
construites précédemment.
Cette
route pourrait débuter côté est, à proximité de
la chaussée monumentale sur laquelle sont transportés
les blocs de granit (voir theorie(suite) pour plus de détails).
Enfin,
la construction s'achève par la réalisation
d'une petite pyramide à 70 m de hauteur environ
(non représentée sur le dessin).
Remarques:
figure 1: Le monte-charge archaïque

figure 2: Un funiculaire
Sur
la terre ferme, pour que les longues files de haleurs aient
toujours de la place à l'avant des lourds traîneaux,
il pourrait être préférable de faire
commencer la route de montagne à une extrémité de
la face est :
L'arrivée
des traîneaux sur la pyramide
Pour
hisser les traîneaux sur la rampe, les Egyptiens
ont pu se servir d'un monte-charge archaïque un peu
comparable à nos funiculaires modernes (cf. figure
1 et 2); En effet, tout comme les passagers qui sont à l'intérieur
de ce type de train, le bloc de pierre sur son traîneau
reste bien droit sur le monte-charge pendant toute la montée.
Description des opérations
Le
traîneau provenant de la carrière est d'abord
déposé sur le monte-charge. Ensuite, des
hommes placés dans la grande galerie remontent la
nacelle du système de contrepoids vers 30 m d'altitude
et d'autres hommes la relient à l'avant du monte-charge.
Lorsque la nacelle est suffisamment lestée, celle-ci
retombe alors tandis que le monte-charge portant le traîneau
est hissé en haut de la rampe. Une fois que celui-ci
est arrivé tout en haut, les ouvriers tirent le
traîneau sur la dernière assise pour l'évacuer
(c'est facile puisque le traîneau est horizontal)
puis détachent les cordes

Figure
1
Figure 2: Dépose d'un bloc

Le
placement des blocs de pierre (1)
Une
fois sur la pyramide, des ouvriers halent le traîneau
sur l'assise en le faisant glisser sur du limon humide
puis ils le hissent en haut d'une rampe parallèle à la
rangée au bout de laquelle le bloc doit être
déposé (cf. figure 1).
Je
suppose qu'à la carrière, le bloc de pierre avait été posé sur
des rondins sur son traîneau :

De cette façon, les ouvriers peuvent l'évacuer par le côté puis
le pousser sur un tapis roulant posé sur une route en dévers.
Au bout de cette route, le bloc se retrouve sur une rampe descendante sur laquelle
est installé un autre tapis roulant dirigé dans une autre direction.
Les ouvriers doivent donc soulever le bloc avec des leviers pour pouvoir modifier
l'orientation des rondins.
Des butées empêchent les rondins de redescendre la pente. De plus,
ils sont enduis de graisse de façon à pouvoir facilement tourner
sur eux-mêmes lorsque la pierre glissera dessus.
A
présent, les Egyptiens dévalent la pente
en poussant le bloc (cf. figure 2). En bout de rampe, la
pierre quitte le tapis roulant et 'atterrit' sur le sol
recouvert d'un enduit glissant. Sa vitesse lui permet alors
de se placer tout contre sa rangée.
Le
placement des blocs de pierre (2)
figure 1
a/
Comment placer une pierre sur une rampe très inclinée
Tout
d'abord, le traîneau portant le bloc de pierre est
installé dans une position légèrement
décalée (vers la droite sur le dessin) sur
un ascenseur oscillant maintenu horizontalement grâce à 2
cordes (cf. figure 1). La pierre est reliée par
des cordes un peu lâches à un traîneau-contrepoids
rempli de gravats.
Puis
la corde de gauche reliant l'ascenseur au sol est dénouée,
ce qui fait que l'ensemble bascule vers la droite. Les
cordes qui relient le bloc au traîneau-contrepoids
se tendent alors au cours de la chute et la retiennent.

Ensuite, des gravats sont retirés du traîneau-contrepoids, ce
qui permet au bloc de pierre de glisser sur la rampe :
b/
Le placement de la pierre
Lorsque
le bloc est arrivé en bas de la rampe, les ouvriers
détendent un peu les cordes en rapprochant le traîneau-contrepoids
puis ils tirent sur le bloc pour le faire pivoter.

Comme la rampe est très inclinée, la pierre est proche du basculement
et il suffit donc d'un petit effort pour la faire tourner.
Pendant
la rotation, si le bloc prend trop de vitesse, les ouvriers
retiennent le traîneau-contrepoids pour le freiner.
Il existe aussi la possibilité de relier la pierre à une
file de traîneaux raccordés entre eux par
des cordes un peu lâches (de cette façon,
la corde exerce une traction de plus en plus forte sur
le bloc au cours de la rotation).
Remarque à propos
du a/
La
pierre devrait être bien plus inclinée après
le basculement de l'ascenseur si celui-ci est placé sur
une route semi-descendante :

L'évacuation
des poutres de la grande galerie
Tout
d'abord, une des 12 poutres composant le toit de la chambre
de la Reine est hissée aussi haut que possible à l'intérieur
de la grande galerie grâce à la rampe linéaire à nacelle-contrepoids.
Puis l'architecte s'est servi d'un autre système
de contrepoids pour déplacer la poutre jusqu'en
haut de la grande galerie, l'évacuer par le haut
et la déposer sur la partie arrière de la
pyramide. Ce système a consisté en un traîneau-contrepoids
que des ouvriers pouvaient remplir de gravats et qui descendait
sur une route construite sur la face arrière de
la pyramide.
Tout
en haut de la grande galerie, un dispositif permet de placer
le traîneau sur un plan horizontal (auparavant, il était
sur un plan incliné à 50%). Ceci permet de
haler ensuite dans de bonnes conditions le traîneau
sur un pont posé (temporairement) au-dessus du vide
et de le déposer sur la partie arrière de
la pyramide.
Après,
on recommence les mêmes opérations avec la
poutre suivante.
figure 1

figure
2
La
pose des poutres sur le toit de la chambre de la Reine
Pour
pouvoir installer une poutre sur le toit, je pense qu'il
est nécessaire de la déposer dans une position
proche de la verticale sur le bac à sable (voir
figure 1). En effet, si au contraire la poutre était
posée horizontalement sur le bac alors elle y irait
rapidement cogner contre le mur et se coincer dans cette
position.
Comme
certaines poutres du toit sont inclinées vers l'arrière
de la pyramide tandis que d'autres sont inclinées
vers la grande galerie, il est nécessaire de procéder
en deux étapes et construire deux rampes différentes
dans la chambre de la Reine pour réceptionner les
poutres. De plus, pour que la poutre soit finalement inclinée
vers l'arrière de la pyramide, il faut la rabattre
vers la grande galerie en tirant dessus avec des cordes
après que celle-ci ait été déposée
verticalement sur le bac (voir figure 2).
La pose
des poutres sur le toit de la chambre du Roi
Poutre
inclinée grâce à un ascenseur oscillant
géant
Pour
placer ces poutres dans une position inclinée, les
Egyptiens utilisent la méthode décrite dans
Le placement des blocs de pierre (2).
Un système pour hisser le pyramidion
Après
que le toit de la chambre du Roi ait été installé,
le pyramidion est tracté sur la route de montagne
puis déposé au-dessus de ce toit, en plein
dans l'axe de la pyramide (cf. figure ci-dessus).
Pour
hisser le pyramidion 70 m plus haut, les Egyptiens ont
pu employé la 'méthode de l'ascenseur'.
Description de la méthode
Tout
d'abord, le pyramidion est tracté au bord d'une
marche (cf. figure 1). Puis les
ouvriers placent des gravats sur son côté gauche
pour le faire pivoter(cf. figure 2). Ensuite, ils placent
des dalles sous la partie droite du traîneau, très
près de l'axe de rotation (cf. figure 3) et ils
déposent des contrepoids sur le côté droit
du pyramidion. A partir d'une certaine masse, le pyramidion
est déséquilibré et retombe en arrière
(cf. figure 4). Les ouvriers déposent alors des
dalles sous la partie avant et à côté du
nouvel axe de rotation (cf. figure 5) puis retirent les
gravats et les déposent sur le côté gauche:
Le pyramidion bascule alors vers l'avant (cf. figure 6)
et on recommence...

Remarques:
Lorsque
les dalles ont atteint une certaine hauteur, celles-ci
sont remplacées par les blocs de pierre constituant
les assises.
Il existe une méthode intermédiaire entre la méthode de
l'ascenseur et l'ascenseur oscillant, instrument connu des Egyptiens au Nouvel
Empire. Cela consiste à se servir d'un traîneau dont la face inférieure
a la forme d'une marche d'escalier :

Le problème avec cette méthode c'est que le traîneau a
tendance à se courber lorsqu'il est placé au-dessus du vide.
Pour remédier à cela, les ouvriers insèrent de force des
dalles ayant en partie la forme d'un coin en différents endroits sous
la partie avant puis ils retirent ces dalles (sauf évidemment celles
qui se trouvent près de l'axe de rotation) et font basculer le traîneau
vers l'avant à l'aide des contrepoids (cf. figure 6).

La route de montagne extérieure

Escalier
géant
Le
halage des très lourds traîneaux sur la route
de montagne pose beaucoup de problème, en particulier
près des virages, car il y a très peu de
place pour les ouvriers. Cependant, il existe une méthode
pour arriver à déplacer des pierres très
lourdes sur cette route, et cela même dans les tournants.
Celle-ci
consiste tout d'abord à construire un escalier géant
comme sur la figure ci-dessus, chaque marche de l'escalier
mesurant 2 à 3 m de hauteur. De plus, les faces
supérieures des marches sont légèrement
inclinées et recouvertes d'un tapis roulant.

Ensuite,
le traîneau est halé au bas de la première
marche situé au niveau du sol et il est hissé verticalement
grâce à la 'méthode de l'ascenseur'
(cf. Un système pour hisser le pyramidion ). Arrivé en
haut, le traîneau est alors replacé sur ses
rondins, lesquels se trouvent sur une route légèrement
descendante qui conduit jusqu'à la seconde marche,
et il est halé jusqu'au bas de celle-ci. Et ainsi
de suite...
La fin de la construction

Rampe hélicoïdale en briques
En
même temps que les lourdes poutres sont hissées
sur le grand escalier (ce qui prend sans doute quelques
mois), une rampe hélicoïdale en briques crues
est construite sur les assises de la pyramide, juste à côté de
la route de montagne.
Ensuite,
les Egyptiens terminent la construction de la partie inférieure
de la pyramide située à moins de 70 m de
hauteur en comblant les vides à l'aide de pierres
(vraies ou fausses). En même temps, ils construisent
la partie centrale de la petite pyramide qui débutent à partir
de 70 m de hauteur, mais avec de vraies pierres qui sont
transportées sur la rampe en briques.
Enfin,
une fois la partie inférieure de la pyramide terminée,
les ouvriers peuvent alors poser les pierres périphériques
des assises situées à plus de 70 m de hauteur.
Ces pierres sont fausses pour des raisons de commodité (et
ainsi il n'y a pas à prolonger la rampe en briques).
Remarque :
En
ce qui concerne les blocs de calcaire du revêtement,
je ne sais pas trop si ceux-ci sont posés au fur
et à mesure de la construction ou bien au contraire
tout à la fin (mais ce serait alors de fausses pierres).
La
construction du coeur de la petite pyramide
Figure 1 : Rampe linéaire à traîneau-contrepoids

Figure 2: Association de 2 rampes linéaires à traîneau-contrepoids
Les
pierres sont donc amenées à 70 m de hauteur
sur une rampe hélicoïdale en briques crues
construite sur les assises de la pyramide, près
de la route de montagne (cf. La fin de la construction).
Pour
hisser les traîneaux encore plus haut, les Egyptiens
construisent progressivement, en même temps qu'ils
posent les nouvelles assises, deux rampes linéaires
en brique de pente 10% près de l'un des axes de
symétrie de la pyramide et situées d'un côté et
de l'autre du pyramidion :

Lorsque les rampes ne peuvent plus être prolongées, les Egyptiens
accentuent progressivement leur pente (qui dépassent donc les 10%) et
ils relient les traîneaux à hisser à deux traîneaux-contrepoids
remplis de gravats placés sur deux autres rampes construites à l'arrière
sur les assises (cf. figure 1).
Lorsque
les pentes des rampes ne peuvent plus être augmentées,
les Egyptiens construisent deux autres rampes linéaires
de pente 10% parallèles aux rampes précédentes,
de sens opposé et débutant là où la
précédente se terminait. Ensuite, lorsque
les rampes ne peuvent plus être prolongées,
les ouvriers accentuent leurs pentes et relient les traîneaux à des
traîneaux-contrepoids comme précédemment
(cf. figure 2).

Et ainsi de suite... (éventuellement)
A
la fin, la rampe en briques est désinstallée
et des fausses pierres sont coulées à cet
endroit pour combler l'espace vide. Egalement, le pyramidion
est hissé jusqu'au sommet grâce à la
méthode de l'ascenseur.