Sanctionner la surconsommation

Un règlement ne suffit pas, bien sûr : tout doit être fait pour le faire appliquer.

Ce coût écologique pourrait être facilement recueilli en temps réel pour chaque personne (par des moyens informatiques). Un avertissement serait envoyé à ceux qui s’approcheraient dangereusement d’un certain taux, afin de les inviter à diminuer leur consommation matérielle. A l’issue de chaque année (ou de toute autre période commode), des amendes seraient recueillies, correspondant au dépassement du quota annuel autorisé (identique pour tous).
Chacun pourrait facilement contrôler son coût écologique, à chaque instant… pour éviter de dépasser le plafond à l’issu de la période de contrôle.

Notons que ce système est relativement souple puisqu’il est possible de dépasser le quota (en payant) : personne ne risque de se retrouver avec l’impossibilité de consommer. Afin que la sur-consommation des uns soit compensée par une sous-consommation d’autres, on pourrait encourager cette dernière par une récompense (financée par les amendes).
Afin de dissuader la surconsommation par les plus riches (qui peuvent ajuster eux-mêmes leur revenu monétaire…) on pourra ajouter des sanctions non monétaires au-delà d’un certain dépassement. L'incarcération peut être un moyen d'empêcher de surconsommer...
Ce dispositif pourra être ajusté au vu de la consommation moyenne obtenue, pour chaque ressource…

Actuellement, le coût écologique des produits du commerce n’est pas connu. Il n’est donc même pas possible de se comporter de façon écologique pour ceux qui le souhaitent. Le label « Bio » concerne essentiellement la non-utilisation de produits de synthèse dans l’agriculture, ce qui n’est qu’une infime partie du problème, d’ailleurs plus ou moins contestable…
A moins de changer radicalement de système économique, une telle mesure (imposition d’un plafond de consommation) semble incontournable pour toute politique souhaitant résoudre le problème écologique.

Son inconvénient majeur : la nécessité d’un appareil de contrôle et de répression important… Il faudrait assurer une certaine traçabilité des produits, contrôler toutes les transactions, et si l’on est un peu perfectionniste : toutes les productions, distributions et consommations…
La mise en place d’un tel système est toutefois réaliste (sans perfectionnisme). Les appareils d’Etats exercent actuellement de nombreux contrôles de ce type, mais à d’autres fins. Nous croulons sous une masse énorme de lois à l’utilité plus ou moins douteuse*, la mise en œuvre d’un tel système serait globalement bénéfique.

Le problème qui demeure est l’inévitable persistance de la fraude. Cette dernière pourra-t-elle être suffisamment contenue par un contrôle dont le coût reste raisonnable ?
On peut certes penser qu’une loi équitable et écologiquement justifiée est spontanément mieux suivie, mais le fond du problème est là : la tendance à sur-consommer.

Plutôt que soumettre à la tentation puis punir, pourquoi ne pas plutôt préserver de la tentation ?
Pourquoi ne pas s’attaquer à la racine du mal ?

 

 
     

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