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Bilan
Le problème écologique est une réalité durable et insidieuse. Il ne réside pas dans une marée noire de temps en temps, mais dans une destruction et une pollution globales et journalières de la biosphère, sous l’effet de lois économiques, associées à une culture et un mode de vie particuliers. Si les individus polluent ou surexploitent les ressources naturelles, ce n’est pas pour le plaisir de polluer, c’est pour satisfaire un intérêt économique. Dégazer en pleine mer coûte bien moins cher, qu’un nettoyage des cuves non polluant. La pollution par les dégazages, si elle est moins spectaculaire (et donc moins médiatisée), est bien plus importante que celle par les marées noires… La pollution pétrolière des océans en provenance des continents est encore plus importante… Et elle n’est, bien sûr, rien comparée à la pollution totale…
Des conséquences dramatiques sont à craindre pour notre espèce dans un avenir proche.
Pourquoi, en dépit de l’ampleur et de la gravité du problème, rien de sérieux n’est-il fait ? Pourquoi la grande masse des citoyens continue-t-elle tranquillement sa petite vie en participant ainsi allègrement à la destruction de l’écosystème ?
A cela, plusieurs raisons, sans doute.
Chacun est tout d’abord mu par des désirs immédiats au niveau de sa personne. La planète, ça le dépasse.
Viennent ensuite les idéologies et autres croyances (en particulier économiques) qui nous isolent du réel ou entravent notre bon sens.
Puis, le problème écologique, pour ceux qui l’entrevoient, est tellement angoissant que la plupart sont tentés de l’oublier ou de le minimiser. De faire l’autruche, en quelque sorte. « Ah, ces écolos, ils exagèrent sûrement ! » L'idéologie constitue alors un refuge opportun. Quoi de plus humain que de prendre ses désirs pour la réalité ?
Or, la plupart des hommes participent d’une philosophie du carpe diem : après moi le déluge. La planète est foutue ? Profitons du peu qui nous reste à vivre pour nous « éclater » ! Pour eux, jouir matériellement est le but de la vie, tout le reste est perçu comme un sacrifice. « Je ne serai pas le premier à me sacrifier ».
Quant à ceux qui auraient des velléités de faire quelque chose, ils réalisent bien vite qu’ils n’ont pas assez de pouvoir : que peut un seul individu, ou même une poignée d’écologistes ?
Ensuite, parmi ceux qui refusent de se résoudre au cynisme, la plupart n’agissent pas efficacement.
Ainsi, l’écologisme traditionnel se focalise sur certaines technologies, certaines entreprises, certaines consommations, que ce soit pour les dénoncer ou au contraire, les valoriser. Cette attitude, en dispensant d’une réflexion plus approfondie et d’une action plus pertinente, pourrait bien être globalement contre-productive : « A quoi bon réfléchir plus loin : cela suffit, ma conscience est soulagée ».
Quant à l’écologie politique, elle ne peut se résumer à la représentation d’une certaine sensibilité ou à la promotion de certaines mesures. Il lui faut un programme global cohérent, pertinent et efficace. On l’attend…
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